L’amour non commercial

Luc 6.31 Faites pour les autres ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous. 32 Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, pensez-vous avoir droit à une reconnaissance particulière ? Les pécheurs aiment aussi leurs amis. 33 Et si vous faites du bien seulement à ceux qui vous en font, pourquoi vous attendriez-vous à de la reconnaissance ? Les pécheurs n’agissent-ils pas de même ? 34 Si vous prêtez seulement à ceux dont vous espérez être remboursés, quelle reconnaissance vous doit-on ? Les pécheurs aussi se prêtent entre eux pour être remboursés.

Jésus appelle ses disciples à faire preuve d’un amour généreux, purement altruiste, non commercial. C’est quelque chose de très particulier parce qu’il faut non seulement lutter contre ma nature narcissique qui exige que les autres soient à mon service mais surtout essayer d’être attentif aux besoins de mon prochain quel qu’il soit.

  1. Je dois donc me mettre à la place de l’autre pour voir les choses comme il les voit et ainsi lui rendre un véritable service. Cela ne veut donc pas dire projeter mes sentiments/goûts sur lui en lui offrant le cadeau dont moi je rêve… mais dont il se fiche éperdument !
  2. J’ai remarqué que, souvent, on prend assez mal de la part des autres ce que nous leur faisons subir au quotidien. Par exemple, quelqu’un qui donne toujours son avis sur tout mais qui déteste qu’on vienne commenter ce qu’il fait ou bien quelqu’un qui se met très vite en colère mais qui déteste se faire engueuler. “Faire aux autres ce que nous aimerions qu’ils fassent pour nous” c’est donc aussi réfléchir à notre attitude envers les autres. Sommes-nous des personnes agréables ou bien des hypocrites qui veulent enlever une paille dans l’œil de notre prochain sans être trop dérangés par la poutre dans le nôtres ?
  3. En tant que responsables, nous avons tendance à vouloir être serviteurs c’est à dire à vouloir combler les besoins des autres, et c’est une très bonne chose ! Mais il y a un côté sombre à cela : le fait que les autres prennent cela comme un dû et nous sollicite sans cesse ou/et que notre service devienne un fardeau pénible qui nous prend tout notre temps et notre énergie. Dans une thèse à propos des personnes qui arrêtent le ministère prématurément,  il est très intéressant de voir qu’une des causes de la crise des pasteurs est le constat qu’ils ont donné énormément pour une reconnaissance nulle ou/et des critiques de la part de leurs “paroissiens”. Cela donne des situations de burn out ou d’amertume. Mais si on applique la règle Faites pour les autres ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous” a) ceux qui reçoivent devraient comprendre que celui qui donne a besoin de souffler, qu’il a droit à l’erreur et b) celui qui donne doit se rappeler que “tout faire” et “céder à toutes les demandes” n’est pas rendre service à ceux qui reçoivent car ça les infantilise.

Alors obéissons à Jésus en n’abusant pas des autres, en ne nous laissant pas abusés mais surtout en prenant du PLAISIR à faire le bien autour de nous… même envers des gens pas très aimables. Oui, je pense qu’il est primordiale que ce ne soit pas le devoir qui guide notre action mais le plaisir d’accomplir la volonté de notre Père.

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